Le tourisme médical

Publié le par Appaloosa

Attention, méfiance !

Une nouvelle forme de tourisme est en plein essor: le tourisme médical

 

 

 Ces dernières années, une nouvelle forme de tourisme est apparu et est en plein boom: le tourisme médical. De plus en plus d’occidentaux prennent l’avion pour aller se faire refaire le nez, se faire mettre des implants mammaires, se faire un lifting, pour des soins dentaires, etc… , et parfois même pour des pathologies lourdes (cardiologie, cancérologie, ophtalmologie) !!

Des agences de voyages facilement accessibles par internet se sont spécialisées dans ce tourisme très rentable et vendent des package vols + séjours + soins médicaux à des prix défiants toute concurrence dans nos pays industrialisés.

Des pays comme l’Inde, la Thaïlande, l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Maroc, etc…. se spécialisent dans le tourisme médical qui devient alors une ressource économique majeure.  Les cliniques ultramodernes et les praticiens formés dans les plus grands hôpitaux occidentaux rassurent les clients. Mais c’est surtout les prix parfois 10 fois inférieurs aux prix pratiqués dans nos pays qui attirent les gens.

Où est l’éthique dans cette nouvelle forme de tourisme ? (le tourisme éthique et durable est d’ailleurs aussi une nouvelle forme de tourisme en plein essor. Est-ce compatible ?!) Bientôt ce sera la grande promo sur les opérations de la myopie ou les implants mammaires. Avec la mondialisation, la santé est devenue un bien comme un autre. On achète un soin esthétique à l’étranger comme on achète un tee-shirt made in Thaïlande…

Mais après tout pourquoi pas. Pourquoi seuls les pays « industrialisés » et « riches » devraient profiter de cette industrie ? Ce tourisme permet de faire travailler des médecins, spécialistes, infirmières, etc… qui sans cela seraient sans doute sans emploi.

Et puis le fait de voyager pour se faire soigner remonte aux origines de la civilisation, note une étude publiée par Europ Assistance (sept 2005).

Dans la Grèce antique, des pèlerins convergeaient de toute la Méditerranée pour se faire soigner au monastère du "dieu médecin" Asclépios, à Epidaure, et les eaux thermales ont toujours été recherchées par l'homme pour se soigner.

De nos jours, le fait pour les habitants les plus fortunés des pays en développement de venir se faire soigner dans les pays riches n'est pas nouveau. Mais en sens inverse, des pays pauvres offrent désormais des prestations de qualité qui attirent des habitants des pays développés.

Cependant n’oublions pas de nous poser les questions essentielles : ces actes, bien que réalisés lors d’un séjour touristique, sont des interventions chirurgicales !!! Elles ne sont donc pas dénuées de risques surtout quand un problème opératoire arrive ou une complication grave s’installe alors que le patient se trouve à des milliers de km de chez lui. Que faire en cas de pépin ? Qui  assurera le suivi des actes une fois rentrer chez soi ? La courte durée de séjour est elle suffisante pour tel acte ? En cas de litige qui va trancher ? Quel loi s’applique et sur qui ?  Y’a-t-il une garanti des actes effectués,  Etc… 

Même si les Français sont encore en retard par rapport à d'autres clientèles européennes, le succès est tel que les pouvoirs publics ont publié une mise en garde en juillet :

La Direction générale de la Santé met en garde contre les voyages touristiques incluant des actes de chirurgie esthétique pratiqués à l'étranger. En l'absence de toute garantie, ces pratiques sont très risquées.

Le tourisme combinant vacances et intervention médicale se développe dangereusement. Internet est propice à l'émergence de tour-opérateurs spécialisés dans un tel domaine. Et c'est financièrement tentant de profiter d'un voyage touristique à l'étranger pour bénéficier d'une chirurgie esthétique moins chère qu'en Europe occidentale…

Seulement voilà, la Direction générale de la Santé (DGS), qui ne voit pas ces offres commerciales d'un bon œil, vient de lancer une mise en garde pour limiter ces pratiques.
Pour ce type de prestation, les agences n'offrent aucune garantie, tant sur la qualification des médecins appelés à effectuer les soins chirurgicaux, que sur les conditions de la pratique de l'anesthésie ou le respect des règles d'hygiène et d'asepsie.
La DGS demande expressément, aux personnes tentées, de prendre « pleinement conscience des risques qu'elles encourent en achetant ce type de forfait, les autorités françaises n'ayant aucun pouvoir de contrôle sur des soins et pratiques réalisés en dehors du territoire national ».
La DGS précise que les actes de chirurgie esthétique ne relèvent aucunement du statut des agences de voyages. Celles-ci ne sont pas autorisées à contribuer, de manière directe ou indirecte, à la vente de prestations de chirurgie esthétique, sous peine de retrait de licence. Et en cas de complications médicales, les assurances de ces agences ne couvrent pas la responsabilité pour ces pratiques de chirurgie.
A bon entendeur !

 

Sources : E-Santé, Nouvel Obs, TropBonTropCon.net, et bien d'autres....

 

 

 

 

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