Patrimoine mondial en péril !

Publié le par Appaloosa

Le nécessaire réveil des consciences

  

 

    

 © Everglades / Yann Arthus Bertrand

 

Voici l'édito du numéro spécial actuel (n° 287 S) de mon magazine favori "GRANDS REPORTAGES" qui traite ce mois-ci du patrimoine mondial menacé par le fondamentalisme religieux, le terrorisme, la guerre, les catastrophes naturelles.  Tout y est dit. 

   

© Maldives / Yann Arthus Bertrand

"Quelques-un des plus beaux fleurons du patrimoine mondial de l'humanité sont désormais menacés: par le terrorisme, le pillage, les catastrophes naturelles, l'usure du temps et les guerres. Des quartiers historiques de Dubrovnik (Croatie) mitraillés par les forces de Serbie-Monténégro en 1991 aux bouddhas dynamités de Bâmiyân (Afghanistan) en 2001, le message est invariablement le même: détruire des biens culturels, témoins de l'identité des peuples. En 1945, lorsque l'armée britannique lâche son tapis de bombe sur l'une des plus belles villes d'Allemagne, Dresde, les Occidentaux ne font guère mieux. La méthode n'est pas nouvelle. Mais à l'aube de ce XXIe siècle désormais placé sous le règne tout puissant de la communication, la thématique du symbole comme cœur de cible est à son apogée. C'est au moral que les batailles se gagnent. A cet égard, le 11 septembre 2001 est une date historique. Les conséquences de la destruction des tours du World Trade Center (3 000 morts) sur l'état du monde sont au moins aussi importantes que la guerre du Viêtnam (3 millions de victimes), même si la comparaison des pertes humaines est arithmétiquement absconse et moralement insoutenable. D'autres World Trade Center sont à venir. En choisissant des symboles à forte valeur, qui témoignent aussi de la perversité sans égal de leurs auteurs, Etats guerriers ou bandes armées, et peu importe leur drapeau, s'attaquent d'abord aux cultures qui sont constitutives de ce patrimoine désormais compris dans son universalité. Dépassant nécessairement le cadre strict national, c'est à la défense de ce dernier que ce consacre, entre autres, l'Unesco. Ici et là, des points ont été marqués. Mais sans une implication réelle, politique et financière, des Etats et une remise en cause profonde de nos modes de développement, ces efforts risquent d'être vains. La prise de conscience doit être planétaire et transversale. Hier, les temples Khmers d'Angkor étaient menacés par la guerre civile; aujourd'hui, c'est la surfréquentation touristique qui est montrée du doigt. Aux Maldives, la montée des eaux due au réchauffement climatique intrinsèquement lié aux pollutions industrielles, risque de submerger îles et lagons. Côté biodiversité, un rapport d'expert avertit qu'une espèce disparaît du globe toute les vingt secondes. En République Démocratique du Congo, les rhinocéros blancs et quelques spécimens de la grande faune africaine vivent leur dernière heure, victimes des braconnages et de la guerre civile. Retour à la case départ. Tout est lié: impossible de découper le patrimoine en petits morceaux indépendants les uns des autres. Le chantier est immense; il interpelle Etats, citoyens, mais aussi l'industrie touristique et les voyageurs que nous sommes. Comment, par exemple, concilier conservation, préservation et soif légitime de découvertes et d'aventures ? Nos réponses sont à la mesure de notre prise de conscience" (Pierre Bigorgne, rédacteur en chef)

  

 

 

Publié dans Ecotourisme

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